Rapprochement des missions locales et de Pôle emploi : le débat se durcit

Dans un communiqué publié hier, l’Union nationale des missions locales a fait part de sa stupéfaction et de sa colère après avoir découvert une « note » de Pôle emploi et de la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle) visant à « expérimenter » le rapprochement, voire la fusion entre les missions locales et Pôle emploi.
Depuis cet été, des craintes sont exprimées par les missions locales et les élus après un communiqué du Premier ministre, le 18 juillet, où celui-ci évoquait, dans le cadre du plan Action publique 2022, l’expérimentation de telles fusions (lire Maire info du 4 septembre). Début septembre, l’UNML écrivait au Premier ministre pour demander des éclaircissements – sans réponse. Le 24 septembre, lors de l’assemblée générale de l’UNML, les délégués ont adopté une motion annonçant que l’UNML « refusera de participer à toute expérimentation de fusion des missions locales au sein de Pôle emploi ». Elle annonçait également avoir le soutien de l’AMF – laquelle s’oppose également à toute fusion et indique qu’il n’y a « aucune demande des élus » dans ce sens. Présent à l’assemblée générale pour représenter l’AMF,  Wilfried Schwartz, maire de La Riche et élu référent emploi de l’association, s’est en effet déclaré opposé au principe de la fusion .
L’UNML a donc été ulcérée de découvrir dans la presse un document diffusé par l’agence de presse AEF info : une note de Pôle emploi et de la DGEFP – « établie dans le plus grand secret et sans aucune concertation », relève l’UNML – qui vise à diffuser des « éléments de méthode à destination des Direccte et des directions régionales de Pôle emploi » et fournit même des « éléments de langage vis-à-vis des élus locaux ». Cette note (téléchargeable ci-dessous) insiste certes sur l’idée «qu’il n’est pas question de contraindre qui que ce soit », mais au contraire de « laisser les initiatives aux acteurs de terrain ». Il s’agit « d’expérimenter des rapprochements » entre les missions locales et Pôle emploi. La « fusion » ne doit « pas être un préalable à l’expérimentation », sans être pour autant « exclue ». Par deux fois, dans la note, il est par ailleurs spécifié que même si les élus s’engagent dans une démarche de rapprochement de leur mission locale avec Pôle emploi, ils doivent « s’engager à maintenir le niveau de leurs subventions pendant toute la durée de l’expérimentation ».

« OPA hostile »
Dans son communiqué publié à la suite de la diffusion de cette note, l’UNML affirme clairement « refuser tout placement des missions locales sous la tutelle de Pôle emploi ». « Un blanc-seing semble être donné à Pôle emploi pour démarcher les élus et se substituer à eux en matière de dialogue de gestion et d’animation des équipes », s’indigne l’association, « tout en fixant comme préalable le maintien des subventions de leurs collectivités ». Elle récuse l’idée – exprimée dans la note – qu’un tel rapprochement « simplifierait les démarches » pour les chômeurs : il va plutôt « les compliquer et exclure les jeunes du service public de l’emploi ». En effet, poursuit l’UNML, « plus de 30% des jeunes accompagnés par le réseau des Missions Locales, notamment les plus démunis, ne sont pas inscrits à Pôle emploi dont les modes d’accompagnement ne sont pas adaptés ».
L’association appelle donc ses membres « à ne s’engager dans aucune expérimentation de cette nature » et parle, à propos de la note, de « tentative d’OPA hostile ». Elle réitère sa demande, restée lettre morte, d’être reçue par le Premier ministre, et annonce qu’elle va faire le point avec les présidents de ses structures régionales d’ici à la mi-octobre, avant de prendre à nouveau position lors de son conseil d’administration du 16 octobre.

F.L.

Télécharger la note de Pôle emploi.
Accéder au communiqué de l’UNML.


© sources : Maire Info (www.maire-info.com) – 03/10/2018